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Où sont les limites du corps ? La conversation Scientifique Etienne Klein/France Culture

Par PhilKiKou - 27-05-2017 23:16:56 - 3 commentaires

 

La Conversation scientifique par Etienne Klein

 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/ou-sont-les-limites-du-corps

 

 

Selon une étude de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (Irmes) publiée en 2015, les performances stagnent. Non seulement les records se font de plus en plus rares mais l'écart entre eux s'affaiblit.


Un compétiteur de la Transvulcania, île de la Palma ( Canaries, Espagne) 7 mai 2016. Un trail long de 74,3 km pour un dénivelé positif de 4350 mètres.• Crédits : Désirée Martin - AFP

Dans le livre III de l’Ethique, Spinoza se demandait : Que peut un corps ? Et il répondit : « Personne n’en sait rien. En tout cas personne ne sait d’avance ce que peut un corps : l'expérience n'a jusqu'ici enseigné à personne ce que, grâce aux seules lois de la Nature, le corps peut ou ne peut pas faire, à moins d'être déterminé par l'esprit. Car personne jusqu'ici n'a connu la structure du corps assez exactement pour en expliquer toutes les fonctions. […]. En outre, personne ne sait de quelle manière ou par quels moyens l'esprit met le corps en mouvement, ni combien de degrés de mouvement il peut lui imprimer, et avec quelle vitesse il peut le mouvoir. D'où suit que les hommes, quand ils disent que telle ou telle action du corps a son origine dans l'esprit qui a de l'empire sur le corps, ne savent ce qu'ils disent et ne font qu'avouer ainsi, en termes spécieux, qu'ils ignorent la vraie cause de cette action et ne s'en étonnent pas ».

Depuis Spinoza, avons-nous progressé ? Savons-nous mieux ce que peut – et ne peut pas - un corps ? Y a-t-il des limites, et, si oui, avons-nous les moyens de les cerner ?

IInvités: Sébastien Chaigneau, sportif de haut-niveau, ultratrailer; Jean-François Toussaint, médecin, cofondateur et directeur de l’IRMES, l’Institut de Recherche bioMédicale et d’Epidémiologie du Sport ; et Bertrand Piccard, psychiatre et aéronaute, connu pour avoir réussi le premier tour du monde en ballon.

Intervenants

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Etienne Klein et son métier

 

http://www.futura-sciences.com/sciences/personnalites/physique-etienne-klein-101/

 

Je n'ai pas le souvenir d'avoir éprouvé, enfant, le désir de devenir physicien. Issu d'une famille nombreuse peu portée sur les sciences, je connaissais d'ailleurs à peine la signification de ce mot. En revanche, je me souviens très bien de mes premières joies intellectuelles, lorsque j'étais adolescent, au collège puis au lycée : une démonstration mathématique qui devenait soudain lumineuse ; la lecture des premières pages du Discours sur l'origine de l'inégalité entre les hommes de Rousseau qui me faisait découvrir l'argumentation philosophique... À chaque fois, c'était comme une révélation, un choc : l'émotion me faisait palpiter et courir jusqu'au frigidaire familial pour y chercher le calme d'un jus d'orange.

 

Comprendre, sentir la portée d'une idée, découvrir la clé d'un raisonnement, cela m'a toujours procuré un bonheur sans équivalent : j'aime que les choses me soient rendues claires. Je me souviens de certains de mes professeurs remarquables de ce point de vue : ils veillaient à ce que la lampe du jeune entendement des élèves que nous étions soit toujours remplie d'huile et brûle. Par effet de contraste, je détestais les discours fumeux. Sans le savoir, j'étais déjà disciple de Wittgenstein : « Ce qui peut se dire peut se dire clairement. »

 

La physique ne m'a attiré que tardivement. Au lycée, je n'étais pas à l'aise avec l'aspect expérimental des choses. Je n'ai pas le moindre don de bricoleur (Pascal, mon frère aîné, avait récupéré pour lui seul tout le capital familial) : au cours des travaux pratiques, la seule idée d'avoir à mettre sous tension un circuit électrique que j'avais monté moi-même me terrifiait, surtout après que j'eus involontairement « cramé » un oscilloscope de grande valeur. Mais j'étais bon en maths, et comme la physique nous était enseignée comme une sorte de mathématique appliquée, j'étais également bon en physique : dans les devoirs, il ne s'agissait que de poser des équations, de les résoudre, et d'encadrer le résultat en rouge.

 

À l'Ecole Centrale, je me suis vite demandé que faire par la suite. Tout m'intéressait un peu et rien ne m'intéressait vraiment. J'étais encore un être indéterminé. Alors je me suis cherché au travers de toutes sortes d'expériences : je suis devenu visiteur de prison, je sortais beaucoup, je m'entraînais aussi très dur au marathon, jusqu'à l'épuisement. Après deux années de classes préparatoires, je voulais découvrir l'humanité et cerner mes limites. Je lisais énormément, deux ou trois livres par semaine. J'étais très déçu par l'enseignement : trop de disciplines techniques, toutes présentées dans une perspective utilitariste, pas assez d'envol intellectuel, pas assez de « souffle ». J'ai compris que je ne serai pas ingénieur.

 

Mais alors, que faire ? J'ai commencé à suivre des cours de philosophie à la Sorbonne, en auditeur libre, par amour pour une jeune fille qui préparait l'agrégation (je prenais des notes pour elle). Là, je vibrais : enfin, on me parlait du monde, de la vie, de l'homme, de la pensée. Mais je sentais aussi que la philosophie s'accordait trop de degrés de liberté, que pour elle trop de systèmes étaient possibles. Les raisonnements étaient rigoureux, certes, mais il y avait toujours de l'arbitraire dans les principes. C'est à ce moment là, au cours d'un séjour à l'hôpital, qu'un ami bien inspiré m'offrit un livre merveilleux de Bernard d'Espagnat : À la recherche du réel, le regard d'un physicien. Je découvris ainsi que la physique, quand elle est prise dans son entier, avec son histoire, ses problèmes, ses personnages, est un véritable levain de culture et, surtout, qu'elle permet de faire « des découvertes philosophiques négatives », pour parler comme Maurice Merleau-Ponty, en montrant que certaines affirmations qui prétendent à une validité philosophique n'en ont pas en vérité. La physique n'est pas une philosophie, mais elle peut détruire certains préjugés de la pensée philosophique. Elle ne pose pas de concepts de droit, mais elle est capable d'inventer des biais pour pallier la carence des concepts traditionnels. Elle provoque ainsi la philosophie, s'incruste dans certains de ses débats et y joue parfois le rôle d'arbitre.

 

J'ai dévoré ce livre en annotant chacune de ses pages. Il m'a précipité vers les problèmes d'interprétation de la physique quantique, qui me « tiendront » pendant une bonne décennie. Pourquoi la physique quantique m'a-t-elle tant fasciné ? Sans doute parce que, plutôt que de fournir des idées toutes faites, elle montre la difficulté d'une pensée ferme et, surtout, elle permet d'apercevoir sous un jour nouveau certains horizons trop connus de la pensée.

 

Un second choc survint quelques mois après lecture décisive de À la Recherche du réel. À l'époque, je n'avais pas d'autre revenu que ce que me rapportaient les cours particuliers que je donnais ici ou là. C'était insuffisant pour payer le loyer de ma chambre d'étudiant. J'étais donc à la recherche d'un stage d'été bien rémunéré. Par hasard, je tombai un jour sur une affiche du CERN, le grand laboratoire européen de physique des particules, qui proposait aux étudiants de toute l'Europe des séjours d'été de deux mois à Genève : il s'agissait de suivre des cours le matin et de participer aux travaux d'une équipe de physiciens l'après-midi. Je déposai aussitôt un dossier, qui fut accepté.

 

Par un beau dimanche après-midi de juin, je débarquai donc au pays des banques et posai mes valises dans une résidence de travailleurs immigrés. Dès le lendemain matin, on me fit visiter les gigantesques accélérateurs de particules tapis dans les profondeurs du calme paysage bordant la frontière franco-suisse. Dans un tube métallique long de plusieurs kilomètres, gainé de blindage, des protons circulaient à une vitesse folle, proche de celle de la lumière, et venaient régulièrement percuter un autre faisceau d'antiprotons tournant en sens inverse. Bourrées jusqu'à la moelle d'énergie cinétique, ces particules provoquaient par leurs chocs l'émergence d'autres particules fugaces. D'énormes détecteurs multicolores, ronronnants et clignotants, recueillaient leurs traces. Je découvris tout cela bouche bée. Comment la physique avait-elle pu en arriver à tant de sophistication ? Pourquoi de si grosses machines pour déceler de si petites particules ? Et surtout, pourquoi ne m'avait-on jamais parlé de tout cela ? D'un coup, j'ai voulu tout comprendre de ce que je voyais.

 

Le premier cours de physique des particules nous fut donné par Victor Weisskopf. Ancien assistant de Wolfgang Pauli dans les années 1930, cet éminent physicien théoricien avait un charme fou, un humour ravageur et un enthousiasme de jeune homme. Il commença par nous expliquer d'un air très détaché qu'il avait passé une bonne partie de sa vie à s'interroger sur la réalité physique des objets mathématiques : avaient-ils une contrepartie dans le monde ou ne constituaient-ils que des idéalités angéliques ? N'étaient-ils qu'une invention humaine ou révélaient-ils le « fond des choses » ? Weisskopf nous avoua qu'il ne connaissait pas la réponse à ces questions.

 

Puis il commença son cours proprement dit, qui portait -je m'en souviens comme si c'était hier - sur le spin des particules. Au bout d'un quart d'heure, pour les besoins d'une démonstration, il fut amené à se saisir d'une craie et à tracer au tableau un repère à trois dimensions. Suivant la coutume, il représenta les axes Ox et Oy dans le plan même du tableau, puis figura l'axe Oz, perpendiculaire au tableau, par un point entouré d'un cercle, donnant l'impression que cet axe pointu jaillissait telle une flèche hors du tableau. Quelques instants plus tard, alors qu'il s'apprêtait à passer devant la figure qu'il avait tracée, lui qui était immense se baissa avec ostentation pour passer sous l'axe Oz. Une fois relevé, il se tourna vers nous pour nous souffler malicieusement : « On ne sait jamais, l'axe Oz existe peut-être vraiment ».

 

Pour moi, c'est avec ce gag que la messe fut dite : j'étudierai le monde de l'infiniment petit, j'enseignerai la physique d'une façon si possible vivante et originale, et je tenterai de questionner avec malice ses implications philosophiques.

 

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Etienne Klein et la montagne

Article / underground - le, 31/03/2014

http://www.ultramag.fr/article/2014-03-31-lultra-trail--cest-une-forme-de-retour--e-lautorite--du-corps

L’ULTRA-TRAIL C’EST UNE FORME DE RETOUR À L’AUTORITÉ DU CORPS

UNDERGROUND | LA PAROLE À…

Centralien, physicien, docteur en philosophie des sciences, chroniqueur sur France Culture, on pourrait qualifier Etienne Klein de pur esprit. À 55 ans, ce passionné de montagne est également alpiniste et ultra-trailer. De Spinoza à Deleuze, de Néanderthal à la physique quantique, entretien avec un « finisher ».



Vous avez découvert la montagne assez tard. Comment s’est passé cette découverte ?

 J’ai commencé par la randonnée à partir de 20 ans. Je n’avais en effet jamais mis les pieds en montagne avant. J’ai eu un coup de foudre. Je venais de la région parisienne. Nous étions trop nombreux dans ma famille pour que mes parents nous emmènent à la montagne. Je me suis senti tout de suite bien, dès que j’ai fait le Tour du Mont-Blanc avec l’UCPA1 à l’époque. L’alpinisme me semblait inacces- sible. J’étais tenté, mais je me suis dit que ce n’était pas pour moi. Quand on n’a pas de filiation dans ce genre de pratique, on se dit que ce sont des extra-terrestres, des post-humains.

Vous utilisez la physique pour proposer une autre lecture de la philosophie. Qu’est- ce que la philosophie peut nous apprendre ?

Je ne sais pas ce que ça vaut mais il y a une classification des paysages en fonc- tion des systèmes philosophiques auxquels on adhère. Les Nietzschéens aiment bien les alpages, les Kantiens aiment bien les arêtes, quand il n’y a plus de végétation parce que là au moins on est débarrassé de tous les oripeaux faciles lorsqu’on traite les concepts de « basse altitude ». On a directement accès à ce qui est fondamental dans ce qui est élevé.



J’aimerais que vous me parliez de votre métier…

J’ai passé pas mal d’années à faire de la physique. Et les années où je faisais de la physique c’était aussi les années où je faisais de l’alpinisme. En 2000 j’ai passé une thèse de philo sur la physique. J’ai commencé à m’intéresser non pas tellement à la physique en tant que domaine de recherche, mais, finalement, à ce que la physique nous apprend sur des notions que les philosophes traitent par ailleurs. Par exemple le temps ou autre chose… est-ce que la physique produit des résultats qui peuvent percuter la pensée philosophique ? Quitte éventuellement à la modifier. Donc ce n’est plus tout à fait le même métier. C’est plus « Je veux trouver des choses », qu’est-ce que les équations de la physique diraient en langage commun si elles pouvaient parler du temps… C’est un problème de décryptage et ensuite un problème de traduction parce qu’il faut ramener la physique dans un langage que les philosophes peuvent comprendre. Et en fait le moment où j’ai commencé à faire ça correspond au moment où j’ai commencé l’ultra-trail. L’ultra- trail est à l’alpinisme ce que la philosophie de la physique est à la physique. C’est le même truc mais vécu autrement. L’ultra-trail, ce n’est pas de l’alpinisme mais ça se passe au même endroit. C’est une autre façon d’être en montagne. De la même façon que de faire de la phi- losophie physique c’est une autre façon d’être dans la physique. C’est plus doux. L’ultra- trail, c’est une autre façon de lire la montagne.

La recherche est cérébrale, la montagne est liée à l’effort physique. Qu’est-ce qui vous attire dans celui-ci ?

Je connais beaucoup de physiciens qui détestent l’effort physique, et j’en connais au contraire qui aiment. Je pourrais inventer des liens mais ce serait artificiel. Moi j’aime bien l’endurance, j’aime bien les sports d’agonie, j’aime bien l’épuisement, j’aime bien avoir le sentiment, après une belle balade en montagne, de se retrouver dans un refuge. Une belle sortie à vélo, se retrouver complètement rincé avec un appétit tel qu’on a envie de manger la table.

L’ULTRA-TRAIL  C’EST UNE FORME DE RETOUR À  L’AUTORITÉ  DU CORPS

Est-ce que l’effort du montagnard inspire celui de l’écrivain ?

Après une course en montagne on est va- chement bien pour écrire. Il y a une espèce de remise à zéro du corps, une sorte de reset intellectuel qui permet de reprendre les sujets à neuf, d’avoir une forme de créativité dans l’écriture. Une revitalisation intellectuelle. Je pense qu’on est fait pour être épuisé de temps en temps. Nos fatigues sont souvent psychologiques. Ce qu’on apprend avec l’ultra-trail c’est que pour être fatigué physiquement, et seulement physiquement, il faut vraiment donner. Nos fatigues, surtout à Paris, sont des fatigues psychiques. L’ultra-trail, c’est la version ludique de ce que faisait Néanderthal quand il allait chasser. Il partait trois jours, il n’avait pas grand chose dans le ventre, il cavalait un peu… il y a des sports qui sont plus pratiqués que l’ultra-trail, comme le tennis ou le foot, qui sont des sports que Néanderthal ne pratiquait pas. Mais moi j’ai l’idée naïve selon laquelle il faut pratiquer des sports que Néanderthal pratiquait. Parce que le corps est fait pour.

Comment la liberté s’exprime dans l’ultra-trail ?

La sensation de liberté n’est pas inconsciente. Je sens que je suis libre, je m’éprouve libre. Ça vient tout de suite, je sais que je ne vais pas être dérangé, il n’y aura pas de coup de téléphone… ça ne veut pas dire que je suis tranquille et rassuré. La première moitié de la TDS*, j’étais malade, pas hyper à l’aise, mais il y avait cette sensation de liberté. On est libre d’aller à telle ou telle vitesse, de regarder telle ou telle chose. On est en train de vivre quelque chose qui ne correspond pas aux expériences qu’on peut avoir dans la vie quotidienne, par exemple au travail. Il y a quelque chose qui procède de l’affirmation libre de soi. On n’est pas en train d’essayer de faire plaisir à quelqu’un d’autre, on n’est pas en train d’exécuter un ordre ou un programme. On est juste là pour faire ce qu’on a décidé de faire. Pour moi l’ultra-trail c’est un désir décidé. Ce n’est pas un caprice, c’est un truc que j’ai décidé de faire, et l’ayant décidé, je sais que sauf grave accident j’irai jusqu’au bout, que je n’abandonnerai pas.

L’ULTRA-TRAIL,  C’EST LA VERSION LUDIQUE DE CE QUE FAISAIT NÉANDERTHAL QUAND IL ALLAIT  CHASSER

Est-ce que décider l’abandon est un choix qui participe de cette liberté là ?

Ce que j’ai appris dans le trail, c’est qu’on peut aller mal… et puis ne plus aller mal. J’ai découvert la réversibilité du mal. La première fois que j’ai couru un ultra-trail, j’avais très mal à un genou, et pour moi il était évident que si je continuais la course j’allais me péter le genou. J’ai abandonné avec la conviction que j’allais me péter quelque chose. En fait, dès le lendemain, j’allais très bien, je n’avais plus mal… Les années suivantes, j’ai éprouvé le fait qu’on peut par effet tunnel passer de l’épuisement absolu à une forme de renaissance qui peut même être euphorique. C’est une très belle expérience, c’est l’expérience de la résurrection, à un petit niveau. Je ne fais pas de correspondance avec la passion christique
mais c’est quand même l’expérience de la résurrection du corps par l’âme. J’avais écrit un article dans Philosophie Magazine en expliquant que dans L’Éthique de Spinoza il y a un texte magnifique qui s’intitule « Que peut le corps ? » Il répond qu’il ne sait pas, parce qu’on ne connaît pas bien le couplage entre le mental, qu’il appelle, lui, l’esprit ou l’âme, et le corps. Donc on ne peut pas savoir ce que le corps peut faire, puisque l’âme contribue à son action. Deleuze a commenté ce texte en disant : « Ce que peut ton corps, ce n’est pas ce qu’il peut en tant que corps, c’est ce que tu peux toi. » C’est la phrase clé. Moi par exemple, je n’ai pas un corps pour faire ça. Ça ne dépend pas de mon corps, ça dépend de moi.

TOUS LES  VISAGES SONT BEAUX, ET LES REGARDS AUSSI, ILS EXPRIMENT  UNE ÉMOTION, UNE HISTOIRE

Comment est-ce que cela s’est traduit pendant vos expériences d’ultra-trailer ?

Durant la première partie de la course, on est spinoziste : l’âme et le corps font un tout. L’âme et le corps sont solidaires du même désir. Puis il y a un moment où la fatigue arrive, et là je pense que l’on devient cartésien. L’esprit s’adresse au corps. J’ai déjà eu une expérience de dédoublement comme ça, en alpinisme. On avait été pris dans une tempête, on risquait notre peau, je n’étais pas sûr de rentrer vivant. Je me souviens que je parlais à mon corps : « Tu déconnes pas ! » Il y avait vraiment un dédoublement. Dans le trail, avec moins d’intensité et moins de gravité, j’ai eu la même expérience quand j’étais au pied de la Tête aux vents. Pour un débutant, quand on a près de cent bornes dans les pattes, c’est difficile. J’ai dit à mon corps : « Si tu m’aimes, suis-moi. »

Est-ce que vous vous étonnez  aujourd’hui de ce que vous parvenez à  réaliser ?

Quand j’ai vu Marco Olmo en 2007 arriver, vainqueur de l’UTMB*, je me suis demandé qui c’était. On m’a expliqué qu’il avait fait 166 km en 21 h. Il avait 58 ans. Plus vieux que moi ! J’ai ressenti en tant que spectateur une émotion incroyable. Le jour même je décidais de m’inscrire. Je savais que je ne pouvais pas le faire mais je voulais le faire. J’ai vu des gens pleurer dans la foule, cer- tains qui pleurent lors du départ. Ce truc là m’intéresse. Les visages des gens qui arrivent sont très beaux, quelles que soient les marques de fatigue. Tous les visages sont beaux, et les regards aussi, ils expriment une émotion, une histoire. Et quand on est spectateur on regarde ces gens et on sait qu’ils ont vécu une histoire. Les premiers comme les derniers. Ça les rend pathétiques, au sens noble du terme.

Avez-vous couru d’autres trails ?

Non. Pour moi le trail est attaché à l’église de Chamonix, c’est un rituel, une sorte de prière cosmique. C’est ma prière annuelle au cosmos. Et en même temps l’expres- sion d’une reconnaissance pour ce massif dans lequel j’ai vraiment vécu des choses incroyables.

CE QUE PEUT TON CORPS,  CE N’EST PAS CE QU’IL PEUT  EN TANT QUE CORPS,  C’EST CE QUE TU PEUX TOI.

Vous avez fait des marathons avant d’aller dans la montagne. En referez-vous ?

Plus jamais ça ! Je ne veux plus courir sur route. Et je ne veux plus courir sur le plat. Je ne peux plus. J’aime bien les pentes. J’aime plutôt les montées, je n’aime pas les descentes. D’ailleurs, si on pouvait faire un jour un ultra-trail sans les descentes, je pense que pour moi ce serait beaucoup mieux, et que je terminerais en bonne place.

Autant on vous sent très réfléchi dans votre métier autant on vous sent très intuitif dans votre pratique sportive…

j’aurais pensé que vous auriez repris les mêmes mécanismes cérébraux mais en fait c’est quasiment le contraire… est-ce que le sport est une soupape ?  Oui, il est une forme de sauvagerie. Les physiciens sont souvent des gens qui oublient qu’ils ont un corps. L’ultra-trail c’est une forme de retour à l’autorité du corps. Pour moi c’est une expérience qui relève d’une complémentarité indispensable. Si par exemple on me disait que pendant un été je ne peux pas mettre les pieds en montagne, j’en serais vraiment malade, j’aurais un problème psychique.

Alors, objectif UTMB bientôt ?

Si la TDS se passe bien, je ferai l’UTMB l’année prochaine

 

 

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Récit du 27 Mai 2017 pour la course Le Duo de l'Hermitage - 13,5 km

Voir le récit : Bravo pour ce duo de l'Hermitage, un régal à tout âge !!!, 39Photo(s), 1Film(s), 2commentaire(s), 514 lectures

Avoir la danse dans la peau, de port en port

Par PhilKiKou - 09-04-2017 12:15:08 - Aucun commentaire

Teaser Dakhla from Fabien Plasson on Vimeo.

 

« Dakhla » d’Abou Lagraa

Quatuor - Fusion hip-hop/contemporain

Dakhla signifie « entrée » en arabe, c’est aussi le nom d’une ville portuaire marocaine posée au bord de l’Atlantique.



Ludovic Collura, Diane Fardoun, Nassim Feddal, Amel Sinapayen : dans la nouvelle pièce d’Abou Lagraa créée le 12  janvier à Suresnes cités danse, ces quatre danseurs crèvent la scène. Ils transportent une chorégraphie précisément basée sur leur talent et leur singularité.


Pour évoquer ses trois « ports d’attache », Alger, New York et Hambourg, le directeur de la Compagnie La Baraka a en effet choisi des interprètes aux origines aussi mélangées que ces emblématiques lieux d’échanges. Ludovic Collura, d’origine italo-sénégalaise, est passé par le CNSMD de Lyon. La Franco-libanaise Diane Fardoun a été formée par Corinne Lanselle, figure historique de la danse hip hop et du métissage des genres. Nassim Feddal est l’une des recrues du Ballent contemporain d’Alger, créé avec des danseurs des rues par Abou Lagraa, dans le cadre de son Pont culturel méditerranéen. Enfin la formidable Amel Sinapayen, mi Algérienne, mi-Réunionnaise, est passée par la la Cie Rêvolution à Bordeaux, avant d’être recrutée par Nawal Lagraa pour sa création Do You Be.


Par deux ou en quatuor, ils se défient, s’unissent, se séparent ou se livrent à des joutes sensuelles qui disent tour à tour le départ, les retrouvailles, la douceur du quotidien ou la froideur de l’exil. On y retrouve la belle danse, ample et précise, de l’auteur de Passages - créé dix-sept ans plus tôt sur cette même scène. Soit une écriture très contemporaine, qui emprunte au hip hop une fluidité remarquable tout en s’autorisant, ça et là, quelques réminiscences néo-classiques.

Ce mix chorégraphique s’accorde à merveille à l’ambiance sonore tressée à partir de morceaux originaux par Olivier Innocenti, pour suggérer les univers musicaux des trois villes : les mélopées arabo-andalouses d’Alger la Blanche, la déferlante funk du Prince des années 80 new-yorkaises, enfin l’implacable rythmique techno du DJ Mike Dehnert pour Hambourg.


On retient l’extraordinaire pas de deux d’Amel Sinapayen et Nassim Feddal, elle aussi menue qu’il est imposant et tous deux magnifiques, la grâce aérienne de Ludovic Collura, la gestuelle déliée de Diane Fardoun. Jouant des contrastes, Abou Lagraa les oppose volontiers par couple, hip hop contre contemporain. Mais par-dessus tout il célèbre, dans cette pièce « sans frontière ni tabou » comme les villes qu’elle traverse, le métissage et la richesse d’un monde où la liberté de circulation - celle des hommes comme des esthétiques - ne serait plus un vain rêve.



http://www.aboulagraa.fr/les-spectacles/dakhla-2017

https://dansercanalhistorique.fr/?q=content%2Fdakhla-d-abou-lagraa

Marin contre vents et marais qui vogue dans une galère...

Par PhilKiKou - 02-04-2017 12:35:38 - Aucun commentaire

 Je soutien Marin

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https://www.latetehaute.fr/

https://www.facebook.com/jesoutiensmarin/?pnref=story

« La tempête est bonne fille, elle laisse toujours une chance au Marin ».

Le cap de la semaine fut rude, ça a tangué, bâbord, tribord... La tempête battait son plein et on commençait à perdre de vue le phare. On avait connu l’océan déchainé, ça n’a pas été simple de remettre les cirés jaunes. Le skipper n’avait pas le moral, le matériel a souffert, mais les voiles ont résisté. Sale temps pour le volet, mais il semble tenir bon. Les deux œdèmes sont toujours présents mais paraissent régresser, et l’équipe médicale à la rescousse entrevoit une fenêtre météo plus clémente.

Pendant ce temps Marin, le team La tête au haute s’emploie à terre pour boucler l’enveloppe budgétaire de ta prochaine course, pour retrouver toutes tes capacités et reprendre ta croisière à toi. Les t-shirts et les mugs, ça avance bien mais on n’est pas encore à notre objectif. Pour les retardataires et ceux et celles qui attendaient la paie, rendez-vous sur le bouton Acheter ici sur la page.

Dorénavant, pour envoyer des messages à Marin, c’est en écrivant sur le mur et pour les initiatives sur la page de l’association La tête haute. Les messages privés ne sont plus opérationnels, les tantines ne suivent plus votre rythme 😊. Merci pour vos milliers de messages et de témoignages qui nous ont porté.

Beaucoup de soutiens de la page s’organisent pour donner de leur temps, et se mobiliser autour d’eux et mettre en place des évènements : des manifestations sportives dont nous reparlerons, des commerçants et des écoles solidaires, des clubs d’entrepreneurs, des donateurs. Notre objectif est toujours de 240.000 euros pour Marin.

Nous partageons aujourd’hui cette belle initiative d’une chanson créée pour Marin par Waléry Doumenc. Vous pouvez la retrouver sur Amazon ou sur iTunes, les bénéfices seront reversés à La tête haute. La chanson est intitulée : Marin.

Que les vents nous soient cléments, bon dimanche !



Récit du 17 Mars 2017 pour la course La Foulée du Saint-Joseph

Voir le récit : Petite course entre amis, à mi chemin, 50Photo(s), 1Film(s), 3commentaire(s), 227 lectures

Humeur de fin d'année

Par PhilKiKou - 31-12-2016 09:43:31 - 3 commentaires

Fin d'une année, une autre se profile à l'horizon.

L'heure des bilans en tout genre, et des projets pour l'année à venir.

Dans un monde qui ne pousse pas toujours à l'optimisme

Continuons à croire en l'homme dans ce qu'il a de meilleur....

en espérant que ce ne soit pas dans le pire qu'il est le meilleur...

 

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Récit du 21 Novembre 2016 pour la course 6 Jours de France

Voir le récit : VOYAGE EN TERRE INCONNUE... AU PAYS DES ULTRA-TERRESTRES, 64Photo(s), 1Film(s), 6commentaire(s), 495 lectures

Récit du 12 Octobre 2016 pour la course Week-end Kikouroù 2016

Voir le récit : Etape Ardéchoise pour le week-end Kikourou : l'occasion de passer du virtuel au réel !!!, 117Photo(s), 1Film(s), 18commentaire(s), 575 lectures

« Les Pieds Tanqués » : Guerre d’Algérie, immigration, identité, vivre ensemble avec une partie de pétanque en toile de fond

Par PhilKiKou - 25-09-2016 23:46:56 - 2 commentaires

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Une pièce de théâtre d'actualité en cette journée nationale d'hommage aux Harkis, et d'intérêt publique !!! elle devrait, si ce n'est pas déjà fait, être joué dans les lycées.

4 joueurs de pétanque en Provence tous avec des origines et des histoires familiales différentes mais avec un point commun : leurs parents ont vécu, survécu ou sont morts lors de cette guerre qui en avait pas le nom... Au fur et à mesure on s'aperçoit que chacun de ces joueurs de pétanque ont des cicatrices encore ouvertes et douloureuses et que ce sont tous des victimes et des perdants de cette guerre où il n'y a aucun vainqueur....

La grande histoire racontée par des histoires à l'échelle humaine lors de ces évènements inhumains.. très intéressant, bouleversant et instructif sur ce sujet encore tabou sur lequel le voile se lève à peine...

(pièce vue dans le cadre du TEMPS FORTS de l'APSOAR festival de spectacles de rue ce week-end à Annonay et des villages alentours

http://artscenicum.fr/les-pieds-tanques-35/

http://www.quelquesparts.fr/programmation/agenda-des-spectacles/177-le-temps-fort-8?date=2016-09-25-00-00 )

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4 personnages, joueurs de pétanque, seront en scène dans cette partie  de boules de tous les dangers :


un Français provençal de « souche » – Loule ( debout à droite )
un Francilien fraîchement arrivé en Provence – M. Blanc ( debout à gauche )
un Français d’origine algérienne – Yaya ( assis à gauche )
un Français rapatrié d’Algérie – Zé ( assis à droite )

Quatre joueurs sont en scène dans cette partie de pétanque de tous les dangers : un rapatrié d’Algérie, un Français de l’immigration algérienne, un Provençal « de souche » et un Parisien fraîchement arrivé en Provence. Au fil du jeu, on apprendra peu à peu qu’ils ont tous une blessure secrète, un lien filial et intime avec la guerre d’Algérie. Ils s’opposeront, se ligueront, livreront leur vérité… ils auront cependant à cœur de finir cette partie, sur ce terrain qui les rassemble et les unit.

Une pièce où les mémoires s’entrechoquent dans laquelle la gravité des propos n’exclut pas l’humour. Une comédie dramatique sur l’identité et le vivre ensemble.

Jouée avec succès en plein air depuis 2012 sur des boulodromes, le spectacle est maintenant présenté en salle dans une nouvelle scénographie.

Texte et Mise en scène : Philippe Chuyen, Jeu : Sofiane Belmouden – Philippe Chuyen – Gérard Dubouche – Thierry Paul , Costumes : Corinne Ruiz, Décor : Christophe Brot, Régie : Nolven Badeau

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Les thèmes : Guerre d’Algérie, immigration, identité, vivre ensemble

Voici plus d’un an que je pense à la guerre d’Algérie et à l’horizon du 50eme anniversaire de l’indépendance de ce pays.  J’avais en effet en moi le désir et l’impérieuse nécessité de produire, pour 2012, un spectacle ayant pour décor cette période douloureuse de l’Histoire de France.



Passionné d’Histoire, je pense depuis longtemps que le théâtre peut, dans le domaine historique, se faire le médiateur efficace d’un travail de mémoire. Et ceci, je le précise, non pas pour le seul plaisir d’invoquer l’Histoire mais afin de servir le présent, sans désir de polémique ni mise en accusation ou construction d’un discours culpabilisateur.

Durant ces derniers mois, au plus je m’intéressais à ces évènements, au plus je comprenais qu’ils constituaient un moment crucial du basculement de la France dans l’époque moderne : la fin de l’Empire, de la décolonisation, de la grandeur vécue, la fin des chimères et tant de répercussions sur notre quotidien du 21eme siècle. Cependant, la mémoire collective française a manifestement tiré un trait sur cette guerre et l’amnésie (consciente ou inconsciente) quasi-collective qui a suivi la décolonisation, les rancœurs et les haines qui en sont issues sont, je pense, malheureusement toujours à l’œuvre dans la société française.

Il faut tenter par tous les moyens de comprendre et rompre cela, donner l’occasion aux gens de regarder leur passé en face, en pleine lumière, ça fait 50 ans qu’on traîne ces démons ! Jeter un regard artistique pouvant permettre une libération de la parole, agir par le théâtre comme d’autres le font par l’étude scientifique, le documentaire, le cinéma ou le roman, et faire ce nécessaire travail de re-visitation lucide du passé à la lumière de notre conscience d’aujourd’hui est, il me semble, un impératif de salut public.

 

Afin d’étayer au mieux cette note d’intention et les raisons de ma motivation,  je précise  qu’il y a environ 1 an, j’ai commencé l’adaptation, avec l’aval de son auteur, du roman de Jérôme Ferrari paru en 2010 aux éditions Actes Sud « Où j’ai laissé mon âme ». Ce roman évoque superbement les cas de conscience de  militaires confrontés aux opérations du maintien de l’ordre et de la torture pendant la Bataille d’Alger en 1957. Après plusieurs mois de travail sur ce texte et une approbation de l’auteur sur la qualité de mon adaptation, le projet n’a pas pu aboutir pour des raisons indépendantes de ma volonté et trop longues à détailler ici. Le choc a été grand et l’obligation de remiser ce travail douloureux, mais ma détermination intacte quant à ce contenu «  Algérien » pour mon nouveau projet théâtral. J’ai donc continué ma recherche afin de trouver une forme originale et pertinente pour parler de ce sujet brulant sur lequel j’avais jeté mon dévolu.

Pétanque et Guerre d’Algérie ?


Le terme pétanque vient des mots de l’occitan provençal   « pied » et tanca « pieu », donnant en français régional l’expression « jouer à pétanque » ou encore à «pés tanqués », c’est-à-dire avec les pieds joints et ancrés sur le sol, par opposition au jeu provençal où le joueur peut prendre de l’élan.

Je rappelle cette définition pour expliquer le détournement de l’expression que je souhaite opérer à l’occasion de cette création théâtrale qui aura donc pour titre « Les Pieds Tanqués » et pour sujet la guerre d’Algérie. Dans ce spectacle, je souhaite signifier par l’image du pied « tanqué » (au delà de la règle qui définit ce jeu) celle du pied enraciné; le jeu lui-même signifiera les rapports humains qui sont l’œuvre dans une population de déraciné ou d’enraciné;  et le terrain lui, le territoire ou le pays dans lequel les protagonistes se retrouvent et s’enracinent.  Un jeu donc pour évoquer les problématiques d’appartenance à un territoire, de déracinement  et par opposition d’enracinement, d’identité. Une partie de boule avec ses bons mots, ses galéjades, mais aussi ses coups bas, pour évoquer les blessures de l’exil, de la culpabilité, des haines et des rancœurs, mais aussi des pardons.

 Par Philippe Chuyen auteur et metteur en scène 



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Forme: une partie de pétanque


 

Voici plusieurs années que Philippe CHUYEN pense  adapter au théâtre la dramaturgie du jeu de boules. Ce jeu, dont la règle impose d’être silencieux pour ne pas déconcentrer l’adversaire est paradoxalement un lieu de la parole. Dans ce lieu d’une parole hachée, d’une parole d’initié avec son vocabulaire propre, souvent au second degré quand on est dans le Sud, moqueuse ou plus directement sérieuse pour celui qui se prend au jeu (et il faut s’y prendre tout de même si l’on souhaite s’amuser), l’échange est quasi permanent : dans le geste, les silences qui en disent long, mais surtout dans le verbe.

Yvan Audouard grand conteur du Sud a dit du jeu de boules qu’il était à la Provence ce que le théâtre de Delphes était la Grèce antique, un lieu de Tragédie. Il terminait cependant en disant qu’à la fin d’une partie tout le monde meurt … de rire. Au théâtre, on se relève aussi après la mort et on en rit. Car c’est aussi cela la fonction du théâtre, rire de la mort parce que ça nous tient en vie.

En regardant une partie de pétanque sur n’importe quel terrain de France on peut constater que l’engagement et le sérieux sont de mise : il faut gagner la partie, et dans cet objectif, la vérité du jeu est ce qui compte le plus au monde. De plus, ce qui s’y passe est naturellement mis en scène : il y a, en effet, toujours un ou plusieurs spectateurs, badauds simplement intéressés par le jeu ou plus secrètement par la relation entre les différents protagonistes. Ainsi, le corps et le geste est en action, le joueur se dévoile et affirme son caractère, d’où une certaine fierté à se montrer. Ces caractéristiques, nous pourrions les comparer facilement à la représentation théâtrale et les joueurs à des comédiens avec leur technique et leur talent.



Un joueur de boules peut quant à lui avoir de l’élégance, de la retenue et beaucoup de savoir vivre et tout comme l’acteur, il s’appuie sur la présence du public, il s’en nourrit. Entre jeu de boules et théâtre la frontière est manifestement ténue.

Le but du projet n’est pas de reproduire en faux ce qu’une vraie partie fait très bien, mais d’endosser la dramaturgie de la pétanque à des fins de théâtre, pour avant tout raconter une histoire et exprimer des idées, des sentiments : le théâtre a, bien entendu, une visée que le jeu de boules n’a pas. Certains penseront que cela est démagogique, veut caresser le populaire, donner dans le racoleur. En effet, on pourra le penser, et toute la difficulté de ce projet sera justement de dépasser les apparences. D’autres, au contraire, y accourront pour assister à une bonne « pagnolade ».

En tout état de cause, l’objectif  sera de réconcilier ces deux publics : inviter le spectateur à un moment de détente qu’il connaît bien, tout en le plongeant peu à peu dans quelque chose de suffisamment fort et intense sur le plan des rapports humains et des propos ; Et  qu’il ait, en définitive, le sentiment d’avoir vécu un moment d’émotionet de joie : un moment de théâtre.





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Troupe « Les Pieds Tanqués »




Philippe Chuyen – Comédien, Auteur, Metteur en scène ( A DROITE )

Il se passionne pour l’Art Dramatique depuis sa rencontre en 1989 avec Laure Fouilloux. Cette dame fut élève de Louis Jouvet et animait depuis 1965 l’atelier de la Licorne à Toulon. Il complète sa formation avec Jack Garfein à Paris autour des techniques de l’Actor’s Studio. La danse contemporaine, la voix au théâtre sont, dans le même temps, des disciplines qu’il pratique, notamment avec le Roy Hart Théâtre ou encore le danseur Dominique Dupuy et la danseuse Christiane Vergne. En 1995, Il obtient à Avignon le prix du coup de pouce au Off, pour son interprétation de « Comme la Pierre », un texte contemporain de Romain Weingarten qu’il joue à Paris et en province. En 1998, Il fonde dans le Var la Cie Artscénicum et à partir de 2001 crée ses propres spectacles. Les 6 créations qu’il écrit, adapte ou mets en scène ont quasiment les mêmes dénominateurs communs : Histoire et Littérature du Sud. Recherche d’identité, de racines, exploration des sources profondes pour trouver de la matière au théâtre, sa terre est une porte d’entrée pour la scène.  



Sofiane Belmouden – Comédien ( A GAUCHE )


Il débute au théâtre en 1991 à Marseille dans la Cie « Bas Les Masques » où il joue plusieurs spectacles à partir d’improvisations théâtrales (Clap, Embrouille). Passionné de mise en scène, il monte pour d’autres Cies des textes de répertoire (Shakespeare, Woody Allen, Cervantès…). Mais c’est à partir de 1997 qu’il travaille pour le cinéma et la télévision sous la direction de réalisateurs tels que Philippe Carrèse, Christophe Reichert, Ramid Issaad, Brigitte Rouan et se distingue par un jeu vif et sincère. En 2004, La série «Plus Belle la Vie» lui propose le rôle récurrent de l’avocat Malik Nassri qu’il décide lui même de quitter en 2008. Cette expérience l’amène à ouvrir les yeux sur ses vrais désirs d’artiste, lui permettant de passer enfin à la réalisation de son premier film, “ Moussa ”, court métrage sélectionné en 2010 dans les festivals d’Aubagne et Rousset. Aujourd’hui, en collaboration avec le comédien et humoriste Gérard Dubouche, il travaille à l’écriture d’un long métrage.

Gérard Dubouche – Comédien ( MILIEU GAUCHE )

C’est à Aix en 1984 qu’il effectue ses premiers pas sur scène, mais c’est à sa sortie du Cours Florent qu’il décroche son premier rôle professionnel dans «Regain», aux côtés de Claude Brosset. A partir de là, il enchaine rôles au théâtre, à la télévision et au cinéma. Il est notamment un des « Collègues » du film de Philippe Dajoux aux côtés de Patrick Bosso; un routier dépressif dans  « La Grande Vie » avec Michel Boujenah, film dont il est le co-scénariste; le plombier Batavia, bête et raciste, dans « Travail d’Arabe » de Christian Philibert. Doté d’un comique hors norme et ravageur, mêlant cynisme et grotesque servi par un physique qui détonne, il créé avec Didier Landucci en 2002 à Marseille,  « Bienvenue au Club », son premier one man Show en guise de thérapie post divorce ; et en 2004, remplace au pied levé Jean-Marc Michelangeli dans « les Bonimenteurs » au théâtre de Dix heures à Paris. En 2010, de nouveau seul en scène il créé «Vive les Cons» coécrit avec Christian Philibert.

Thierry Paul – Comédien ( MILIEU DROIT)

Il débute au theatre à la fin des années 80 à Toulon avec L. Ziveri (Cie UppercuThéâtre) puis avec Raphaël DJAÏN en 1992 dans la Cie Théâtre Automne de Nîmes dans « Esquisse déraisonnable » d’après P. Handke et « la Maison des Artistes ». Il travaille ensuite avec Y. Borrini (Cie Le bruit des hommes) essentiellement sur les écritures contemporaines. En 1996, Il rencontre Philippe Minyana avec qui il travaillera à Bordeaux (Drames brefs 2) puis Noëlle Renaude et Frédéric Maragnani (Cie Travaux publics) pour l’intégrale de « Ma Solange». A Toulouse, il travaille avec J.J. Mateu (Petit bois Cie) . De retour à Toulon, il collabore sur plusieurs spectacles d’Artscénicum avec Philippe Chuyen (1851, La Banquet des Insurgés, La Mandragore, 1907 Batailles dans le Midi) puis André  Neyton et le Centre Dramatique Occitan et de nouveau L. Ziveri . Pour le cinéma et la télévision tourne sous la direction de P. de Brocca, L. Jaoui, P. Boutron, P. Venault, E. Rochant, C. Baraud et P. Lary.

http://artscenicum.fr/les-pieds-tanques-35/les-pieds-tanques-2/

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Récit du 25 Juin 2016 pour la course Trail du Suc des Vents - 12 km

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